• Béatrice Bertieaux

A bad cat not so bad

Dernière mise à jour : 16 août

Je me réveille, la tête en pagaille, m’étirant à côté d’un chat imaginaire qui miaule qu’il est l’heure, que je me lèverai de toute façon, quoi qu’il arrive, comme toujours, même si je n'en ai pas envie. Je sortirai de mon lit, le cœur pesant déjà une tonne. Une tonne de quoi ? Ben ça, je l'ignore. Pas grave, je me délesterai de ce poids en écrivant. Enfin, pas sûr non plus ça. La page reste décidément blanche depuis plusieurs mois. No muse no story. Purée de carottes, je suis une no life.

Je m'empare de mon téléphone et je lance ma playlist préférée.


Oh, et puis merde ! Quelques minutes encore. Je me recouche en soufflant toutes les misères, les miennes et celles du monde; soyons généreux de minutes grapillées ci et là à la bonne conscience.


- Mais lève-toi, fainéante ! T’as les yeux gonflés, t’es moche et t’as mauvaise haleine.

C’est qu’il rit en disant cela, cet idiot de chat ! Il me tarabuste de bon matin. Mais il tire à blanc, ça fait longtemps que je ne suis plus susceptible.


-Je suis morte de fatigue. Et la mort, c’est moche et ça pue. Tu ne m’apprends rien, je réplique à ce félin de mes deux.


Mais il riposte :

-Vivre, c’est mourir, et si tu sais que tu meurs, c’est que tu vis. Tu es autant en vie que moi.

Et il philosophe en plus ! À sept heures du matin ? Il n'a peut-être pas tort, mais je m’en fous. Je suis chez moi, je fais et je dis ce que je veux.

- Niaiseries, je soupire. (Ai-je déjà précisé que je n’étais pas du matin ?)


Il continue, le chat buté :

-Vivre ou mourir, c’est le même combat, je te dis. Tu te lèves, tu te couches, tu te lèves, tu te couches, et puis, un jour, tu ne te lèves plus. Point barre.


Plateries. J'ai donné, merci bien.

Je n’aime décidément pas ce chat, et je le lui dis :

-Tu n'es qu’un chat issu de mon imagination, je ne t'ai même pas donné de nom. Tu n’y connais rien ni à la vie ni à la mort, comme tout le monde et personne. Et je ne t’aime pas.

-Moi non plus je ne t’aime pas. Mais moi, même si je n'ai pas de nom, je sais que je suis le chat de ton imagination. Et toi, t’es qui, t’es quoi ? Est-ce que tu le sais ? Tu t'appelles comment? il s’énerve.


Bon, je l’ai peut-être un chouia vexé, et je voudrais bien déjeuner en paix. Je me radoucis. Je me lève. Après tout, il n’en peut rien si je ne suis pas du matin et que mes neurones ne se sont pas encore rassemblés.

-Non, je ne sais pas, je marmonne.

-Tu ne sais pas quoi ?

-Eh bien, ce que je suis ou qui je suis. Comment je m'appelle ...

C'est le problème de l'imagination, on finit par vivre sa vie par procuration, comme devant un poste de télévision.

Purin, de grand matin !

-Ben voilà, s’exclame-t-il tout sourire. Café ?

-Hein ? Oui, merci, je souffle.






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