• Béatrice Bertieaux

A la folle allure des idées

Dernière mise à jour : mars 27


Ce matin, je relis les premières pages de l’autobiographie de Nikola Tesla. À la page 35, je ressens le besoin de marquer une pause pour profiter de cette joie enfantine qui me fait vibrer lorsque je lis ces sorciers, ces magiciens qui ont changé le monde à partir d’une idée folle.

J’ai chaud. Je viens de boire un thé bouillant. Derrière les stores, le soleil brille par intermittence. Je suis assise sur le lit qui, depuis qu’il nous est recommandé de télétravailler, fait aussi office de bureau.

Lisant l’inventeur, j’interroge mes manques, mes frustrations. Comment retenir une idée parmi tant d’autres avant qu’elle ne se perde à tout jamais dans la flopée de pensées qui, à peine germées, rejoignent le cimetière des actions avortées ?

Et doit-on retenir une idée qui nous échappe, lui courir après avec le risque de tomber dans le piège « je te suis, tu me fuis  » ?

Cette idée a probablement besoin de voyager, de rencontrer d’autres idées, de rejoindre une idée-sœur. Aimantée par un mélange subtil de différences et de similarités, elle s’alliera, apprendra de l’autre, se confrontera à de nombreux doutes, rompra avec l’inauthentique, se frottera à ses propres zones d’ombre, survivra aux assauts des dogmes.

Je sais que j’ai moins peur des fous, je crois qu’ils sont bien moins dangereux. Christian Bobin

Ma petite chérie, peut-être que cette idée reviendra et peut-être qu'elle ne reviendra pas. N’est-il d’ailleurs pas préférable, quand nombre d’entre elles se sont depuis trop longtemps incrustées dans notre esprit, de désencombrer celui-ci, comme on viderait un grenier empli d’objets devenus obsolètes. « Ma grange ayant complètement brûlé, je peux maintenant voir la lune. » Mizuta Masahide


Parfois, l’idée ne nous quitte pas, elle tournoie à toute vitesse autour de nous comme une spirale. Que faire pour l’appréhender lorsque ce tourbillon nous obsède ? Agir comme on le fait lorsque l’on ne retrouve plus ses lunettes ? Parcourir le chemin à l’envers pour les retrouver sur le nez ?


Parfois aussi, on anticipe la perte, et bien sûr, on perd. Un peu comme quand on a peur d’avoir peur. Comme on a peur de perdre ce qui ne nous appartient pas, quand rien ne nous appartient.


Si je n’avais cette crainte que l’inspiration ou qu'une fulgurance m’échappe à tout jamais, je lui parlerais sans cette anxieuse timidité qui m’escorte dans tous mes déplacements, réels ou imaginaires.


C’est comme pour la vie. Je suis une amoureuse de la vie, et partant, dans un sentiment de manque perpétuel et de grande vulnérabilité.

La vie me manque en permanence.


"L'amour est une fleur délicieuse, mais il faut avoir le courage d'aller la cueillir sur les bords d'un précipice affreux", a écrit Stendhal.


Je crois que c'est au sein de la quête et du manque que les idées, la poésie et l'amour se nourrissent.

Merci :-)



"L'instinct est quelque chose qui transcende la connaissance. Nous avons sans aucun doute, certaines fibres plus fines qui nous permettent de percevoir les vérités quand la déduction logique, ou tout autre effort volontaire du cerveau, est futile." Nikola Tesla



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