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  • Béatrice Bertieaux

Sombres contrées

Mis à jour : janv. 10

Je les ai tant arpentées ces contrées qu’elles ont fini par m'adopter.

Sans doute est-ce un bon jour pour partager cet article sur la désespérance, car après tout, le soleil ne brille pas aujourd'hui. Et que c’est la vie aussi.


Les blessures émotionnelles représentent le prix à payer pour être soi-même, a écrit H. Murakami.

Sans aucun doute, mais cela peut être épuisant quand le corps est rompu. Tant que le sang coule, les plaies ne cicatrisent pas. L'être est fragmenté, fricotant avec la tristesse, le découragement, le spleen et cette idée saugrenue que peut-être la félicité se mérite et que voilà, elle n’est pas là.


La nostalgie d’un ailleurs n’épargne personne, mais il me semble que quelques-uns, les résilients, s’en sortent mieux que d’autres dans le brouillard, se concoctent une recette maison du bonheur. Cela n'empêche pas de tomber encore. Chaque chute imprime son lot d'ecchymoses et la leçon à apprendre.


Quand le regard plonge dans le néant, l’invisible, l’indicible, il parcourt en long et en large, chaussé d'une fascination parfois morbide, la Grande Solitude, le silence profond de l'être conscient de son désarroi face à son inaptitude à créer un monde juste et d’y habiter. Peut-on vraiment être ou devenir sans avoir bu jusqu’à la lie le vide engendré par la vaine poursuite d’un idéal de douceur, d’amour, de l’autre et de soi? Quand on a signé pour une traversée de l’abîme, lente, longue, jalonnée de rencontres projetant leurs ombres sur le tableau idyllique de l’existence? Celle que l’on a, jour après jour, imaginé en sirotant notre café, le matin, en regardant les nuages chanter et danser dans le ciel, un jour d'été, nos enfants grandir, trop vite et nos aïeux mourir, trop tôt. L’école de la vie serait-elle une vue de l’esprit ?

Car "au bout du compte ... on se rend compte ... qu'on est toujours tout seul au monde ..."


Que peut donc émerger du non-espoir hormis un autre rêve, des fractales de rêves se reproduisant à l’infini ?

La désespérance se tricote au fil d'un récit singulier, en points si serrés qu’elle se retrouve immobilisée au beau milieu de nulle part, dans l’incapacité à donner du sens, aux ressentis, aux perceptions, à l’existence, à franchir le maître-mot, Aimer : « Aimer, c’est prendre soin de la solitude de l’autre sans jamais prétendre la combler ni même la connaître », a écrit Christian Bobin.

Et s'aimer soi-même aussi, au moins un peu, pour respecter l'autre, aller à sa rencontre le coeur délesté de ses fardeaux.

Écouter , entendre… Sentir, toucher, caresser, et un jour la vie reprendra goût, parce que quelque part, dans les buissons de l’être recroquevillé, un petit quelque chose n'aura pas renoncé.



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