• Béatrice Bertieaux

Ecrire comme au premier matin du monde

Dernière mise à jour : sept. 25

Près de tout et loin de tout, j’habite en ville. Le sourire ténu d’une brindille. Le bruit et pourtant le silence. Le ciel est bleu, le ciel est gris. Cela n’a pas d’importance, tant que l’éclat de la poésie ou d’un réverbère traverse les rideaux. J’aime les matins, j’aime la nuit, et des absences, l'assaut. J’entends les années qui tanguent dans un monde indifférent. Comme les voitures qui filent sur le Viaduc, je les entends.

Comme les mots qui filent sur la page Comme les silences qui filent dans la nuit Comme les rêves retournent se coucher au lever du soleil.


Les choses que je préfère sont celles qui sont sans aucune raison d'être. A. de Saint-Exupéry

Ce qui m’émeut, ce sont les cris de ces enfants. Là où j’habite, ils jouent dans la rue, ils jouent dans le vent.

Comme jadis, chez moi, la vie venait comme elle venait. J’ai vécu dans une cité, je me souviens que j’observais de la fenêtre de ma chambre, mes petits voisins. Rire et courir, les étoiles dans le cœur. Un jour, j’ai chaussé mes baskets et je les ai rejoints. Comme si j’avais toujours été des leurs.

Ce jour-là, j'ai eu de la chance, j'avais des papillons plein le ventre.


Ivresse de renommer les choses comme au premier matin du monde. François Cheng

Les heures passent, je les sens. Elles odorent le panettone de ma maman. Je ne connais pas grand-chose à la vie. Ni vous, ni moi, et c’est très bien ainsi. Au-delà des mots, de l’oubli d’avoir été et d’être aimés.

Nous nous sommes déjà rencontrés.

Comme au premier matin du monde.



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