• Béatrice Bertieaux

J’ouvre la page d’un livre, je la tourne, jusqu’au jour où se referme le livre tout entier.

Toute dans mes réflexions à propos de l’acte d’écrire dans un cadre de développement personnel, et de changement, je regarde par la fenêtre et je cherche le point de fuite.


Aujourd’hui, le ciel court très vite, une ribambelle de nuages gris à ses trousses.


Au moment où je décide d’écrire dans mon carnet, j’ignore si je réussirai à traduire avec honnêteté et acuité, ma sensibilité propre ; si j’échapperai au réflexe de parfaire et d’embellir la phrase plutôt que d’écrire au plus près de ma nature. À trop réfléchir, on prend le risque d'immobiliser l’élan créateur.

Se révolutionner dans la clarté et la compréhension plutôt que dans la perfection et la vertu, c’est peut-être cela cheminer sur la voie de l’Amour. Même si la recherche de la perfection peut aussi être une quête de sens, une source de joie, ou un vœu pieux.


Réveille-toi, essaie de comprendre. C’est pour cela que j’écris ces lignes. Car je suis le type même d’homme incapable de comprendre les choses tant qu’il n’a pas essayé de les mettre en mots. H. Murakami

Notre esprit est bien plus ample que notre corps, d’où notre souffrance à certains moments de notre vie, quand nous réalisons que nous vivons à l’étroit dans notre identité, que notre vision est devenue trop étriquée. Les coutures finissent par craquer.


Etrange est l’équilibre qui s’établit entre la page blanche, la machine à écrire, le corps, l’esprit, secrète osmose, jeu de vases communicants, alchimie, a écrit Morgan Sportès.


Je crois que le journal intime est cet espace, ce silence lunaire qui nous invite à nous reconfigurer.


Quand je n’y parviens pas à me confier au papier, quand ça part dans tous les sens, j’écris un haïku. 17 syllabes qui éclaireront ma lanterne, me permettront de disséquer, de raconter, puis de passer la porte pour entrer dans un nouveau poème.


J’ouvre la page d’un livre, je la tourne, jusqu’au jour où se referme le livre tout entier.


lueur dans le ciel quand je parle à la Lune je m’évapore


Une lueur dans le ciel ...

S’agit-il d’un espoir, infime en ce mois entre automne et hiver, d’une nouvelle histoire à vivre, à raconter ? S’agit-il d’un geste bienveillant du Soleil pour réchauffer les cœurs solitaires ou meurtris, pour cautériser les blessures de l’âme ?

Et la Lune ...

Même dans les plus grandes profondeurs de mes tristesses, quand mes humeurs s’écrivent à l’encre très noire, la nature ne se dépouille jamais de sa beauté, ce, en toutes saisons. J’aime sa musique, ses couleurs, ses odeurs, ses variations. Je l'aime sans condition. Et parfois, ça me fait mal tant c’est beau. Si beau que j’en pleure.


On aime, on écrit. C’est pour ne pas mourir, et c’est juste après la mort. Christian Bobin

Bobin me fait pleurer.


Quand je suis seule, seule avec la Lune, je m’installe dans son silence pâle et froid.

Etrange que la vie. Tu te lèves dans l’obscurité froide et humide et tu ne sais pas qu’aux premières lueurs du jour la Lune va t’écouter. La Lune m’a souri et c’est comme si plus rien n’existait, ni moi non plus.




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